Des audiences foraines pour punir et décourager les violations des droits humains (Recommandation au cours du débat citoyen de Congo Peace Network).
18 septembre 2020
Journée internationale de la paix : Congo Peace Network réunit des jeunes dans une soirée de réflexion sur les solutions pratiques pour une paix durable en RDC
22 septembre 2020
Show all

L’exercice des droits, devoirs et libertés publiques pendant la période de la COVID- 19 au cœur d’un débat citoyen organisé par Congo Peace Network

Pendant cette période de pandémie, il s’observé plusieurs abus et violations des droits humains en RDC, et dans la ville de Goma en particulier ainsi que la limitation et dérogation à l’exercice des certaines libertés à l’instar de la liberté de circuler, de se rassembler. C’est ainsi que pour faire un état de lieu de l’exercice des droits et libertés pendant cette période de pandémie,  du jeudi 27 au vendredi 28 aout 2020, au centre des droits humains et d’éducation à la paix de Congo Peace Network, il s’est tenu un débat citoyen qui a réuni d’une part les autorités politico-administratives, policières, militaires, de l’ANR et d’autre part les jeunes des clubs de paix de Congo Peace Network, les jeunes des mouvements citoyens et la société civile en général pour discuter autour du thème : « L’exercice des droits, devoirs et libertés publiques pendant la période de la COVID- 19 ».

L’objectif poursuivi par ces échanges est celui de faire un état de lieu sur l’exercice des droits, devoirs, et libertés publiques pendant la période de la Covid-19, de réfléchir sur les abus et violations des droits humains constatés pendant la période de la Covid-19 et proposer des solutions et perspectives  qui favorisent la meilleure jouissance des droits, devoirs, et libertés pendant cette période  de pandémie voire même après, d’une part et de l’autre, d’ amener les participants à réfléchir et partager les idées sur l’exercice des droits, devoirs et libertés publiques pendant la période de la Covid-19 en vue de proposer des solutions concrètes et constructives pour le respect des droits et devoirs des uns et des autres pendant cette période la pandémie. 

Photo CPN, Me Lina BINDU, intervenante au débat citoyen, Goma, Aout 2020

Ainsi, pour les discussions du premier jour qui portaient sur le sous-thème : « Etat de lieu de l’exercice des droits, devoirs, et libertés pendant la période de la Covid-19 », Me Lina BINDU, avocate, actrice politique et intervenante dans ce débat constate que pendant la période de l’état d’urgence, l’exercice de certains droits a été limité pour préserver la santé publique, et jusque-là, c’est justifié et justifiable sur le plan du droit. Cependant, comme c’était une première expérience, il n’y a pas une loi pour encadrer l’état d’urgence, ce qui a fait à ce que chaque province s’est démené à sa façon pour stopper la propagation de la pandémie. Pour le cas de la province du Nord-Kivu et de la ville de Goma en particulier, l’exercice des droits et devoirs pendant cette période de la covid-19 s’est elle aussi heurté à la fois à ce vide juridique mais aussi à des défis pratiques liées notamment aux interventions policières pour restreindre brutalement les libertés.

Photo CPN, Me Comm. AKILIMALI Claude, intervenant au débat citoyen, Goma, Aout 2020

Pour sa part, le Commissaire AKILIMALI Claude, chargé de la sécurité publique de la Commune de Karisimbi et intervenant à ces dialogues, la police a dans la majorité des cas été et est respectueuse des droits humains et libertés publiques pendant la période de la pandémie et a joué un de premier plan pour exécuter les ordres donnés par les autorités du pays pour stopper la propagation de la pandémie sans failles. Il reconnait cependant, qu’il y a eu quelques cas des dérapages de la part des éléments de l’ordre dans l’exécution de leurs missions mais les quelques agents qui se sont illustrés et qui continuent à s’illustrer dans les violations des droits humains pendant cette période de la pandémie ont été remis à la justice pour subir la rigueur de la loi et décourager d’autres policiers à ne pas adopter des comportements contraires aux droits humains.

Photo CPN, LUMUMBA Muyisa, intervenant au débat citoyen, Goma, Aout 2020

Ce bilan positif dressé par le Commissaire AKILIMALI Claude n’a pas été cependant approuvé par Mr KAMBERE MUYISA LUMUMBA, membre de la Coordination de la Société civile, activiste de la société civile et intervenant à ces échanges. Pour lui, la police qui est censé faire respecter les gestes barrières, est la première à les violer. Il illustre ces propos par le fait que la police arrête et entasse plus des 50 personnes sans masques dans sa jeep, ce qui n’est pas conforme à la règle de la distanciation sociale. Pour lui, la police s’est plus illustré dans la répression que dans la prévention. Ainsi, pour lui, par exemple, au lieu d’arrêter quelqu’un qui ne porte pas correctement son cache-nez, la police peut d’abord le sensibiliser et le mettre en demeure que prochainement, il sera arrêté s’il est perçu dans des lieux publics sans cache-nez.

Photo CPN, participants en travaux en carrefour au débat citoyen, Goma, Aout 2020

Le deuxième jour de ces échanges a consisté en une formulation des recommandations et des pistes de solutions pour un meilleur exercice des droits, devoirs et libertés pendant la période de la Covid-19. Parmi ses recommandations, la PNC veut que la société civile puisse intensifier la sensibilisation des populations sur les gestes barrières, cela les éviterait de se heurter à la police qui est déterminée pas à faire respecter les gestes barrières pour stopper la propagation de la pandémie. La société civile a quant à elle recommandé à l’autorité politico-administrative qui réquisitionne la police de chaque fois faire le suivi sur la manière dont les ordres par elle donnée sont exécutées sur le terrain et voir comment rectifier ou adapter certaines règles qu’elle édicte.

Ces discussions ont permis aux autorités politico-administratives, policières, militaires, et aux responsables de la société civile, aux jeunes d’interagir et connaitre chacun leurs parts de responsabilité et de prendre action pour la promotion des droits et libertés publiques afin de contribuer à assurer le respect des droits, devoirs et libertés fondamentales en RDC chacun à son niveau. Les participants ont également partagé leurs expériences vécues avec sur les abus et violations des droits, devoirs, et libertés constatés pendant la période de la pandémie pour en tirer des conclusions positives et constructives.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *