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Bukavu : Congo Peace Network réunit les autorités et les jeunes pour dialoguer sur les questions de l’Etat de droit et l’exercice des droits, devoirs et libertés publiques pendant la période de la COVID- 19

En date du 11 septembre 2020, Congo Peace Network a réuni les autorités politico-administratives, policières et militaires ainsi que les jeunes de la ville de Bukavu, dans le cadre d’un dialogue social sur le thème : « l’Etat de droit et l’exercice des droits, devoirs et libertés publiques pendant la période de la COVID- 19 » dans le but de faire un état de lieu sur l’exercice des droits, devoirs, et libertés publiques pendant  la période de la Covid-19 tout en  réfléchissant sur les abus et violations des droits humains constatés pendant la période de la Covid-19 et proposer des solutions et perspectives  qui favorisent la meilleure jouissance des droits, devoirs, et libertés pendant cette période  de pandémie voire même après et qui consolident par la même occasion l’Etat de droit.

Photo CPN de Murhula Badende Aristote, intervenant au dialogue social de Bukavu, Septembre 2020

MURHULA BADENDE Aristote, Commandant de la Police Nationale Congolaise dans la ville de Bukavu, Intervenant dans ces échanges, sur le sous-thème : « les rôles des agents de l’ordre pendant l’exercice des droits et libertés publiques » a fait savoir que dans les missions extraordinaires de la PNC, il y a des réquisitions de l’autorité civile pour faire respecter la loi et règlement, l’encadrement des manifestations publiques et de faire respecter les droits humains en général. Pour lui, c’est sur réquisition de l’autorité urbaine que la police a été déployée sur terrain pour faire respecter les gestes barrières notamment les mesures de confinement, de distanciation sociale, le port de cache-nez, l’interdiction des rassemblements, …. Il note que la population a défié la police lorsque celle-ci venait faire respecter les gestes barrières, ce qui a été à la base des quelques cas des violations des droits humains dont les victimes étaient à la fois les populations civiles et certains agents de la PNC humiliés et brutalisé par la population.

Photo CPN de Wibika Ngolombe Bienfait, intervenant au dialogue social de Bukavu, Septembre 2020

Pour sa part, WIBIKA NGOLOMBE Bienfait, Porte-parole du Maire de ville de Bukavu et représentant l’autorité urbaine dans ces échanges, qui a exposé sur le sous-thème : « les missions des autorités dans la défense des principes fondamentaux de l’Etat de droit en vue de renforcer l’exercice des libertés publiques en RDC », commence par faire observer que les mesures prises par les autorités politico-administratives et qui limitaient l’exercice de certains droits et libertés étaient justifié par la nécessité de préserver la santé publique. Cela est l’illustration même des missions des autorités qui consistent à protéger sa population contre les dangers de tout genre. Il conclut en disant que l’autorité a eu beaucoup des problèmes à exécuter leur mission de protection suite à la résistance de la population qui refusait de croire en l’existence de la pandémie à Coronavirus. Malgré la résistance de la population, l’autorité a fait le nécessaire notamment en déployant des matériels d’hygiène, des lave-mains dans les coins chauds de la ville, a mené plusieurs campagnes de sensibilisation par presse interposée toujours dans le but de protéger la population de Bukavu.

Photo CPN de Me Janvier KAKUJA, intervenant au dialogue social de Bukavu, Septembre 2020

Enfin, Me Janvier KAKUJA, volontaire au sein du club de paix de CPN de Bukavu, a été le premier intervenant et a exposé sur le sous-thème : « Etat de lieu de l’exercices des droits, devoirs, et libertés pendant la période de la Covid-19 : Analyse des abus et violations des droits humains pendant la période de la Covid-19 », dénonce la brutalité policière de la part des agents de l’ordre lors de l’exécution des actes réglementaires des autorités contenant les gestes barrières. A cette brutalité, il a ajouté une tracasserie à outrance des agents de la PNC chargé de faire respecter les gestes barrières. Par exemple, il note que pour le non port de cache-nez, un citoyen pouvait être incarcéré même au-delà de 48h alors que l’arrêté du gouverneur ne prévoyait que des amendes comme pénalités. Pour conclure, il note que cette période a été une succession des abus et violations des droits humains de la part de ceux chargés de faire respecter les gestes barrières.

Abordant la question de l’état de droit, ce jeune avocat s’est axé sur l’égalité de tous devant la loi et l’accès à la justice comme socles d’un Etat de droit. Ce praticien de droit a constaté que les personnes détenues encore présumées innocentes et qui devaient soit être relaxées ou bénéficier de la liberté provisoire ont vu leur séjour en prison prolongé du fait du service minimum décrété dans les institutions publiques. Pour lui, ce service minimum n’a profité qu’aux justiciables nantis qui avaient des moyens financiers conséquents pour diligenter leurs procédures auprès des magistrats.

Photo CPN des participants au dialogue social de Bukavu, Septembre 2020

Après avoir répondu aux différentes préoccupations des participants, la dernière étape du dialogue social de Bukavu a été consacrée à la formulation des recommandations par les participants. Les principales recommandations formulées sont entre autres :

  • Que le Commissaire urbain veille aux éléments de la PNC qu’il envoie sur terrain en se rassurant qu’ils ont des ordres clairs à exécuter
  • Que les policiers qui n’exécutent pas correctement les ordres et qui s’illustrent par des violations des droits humains soient sévèrement sanctionnées et que les victimes soient dédommagées
  • Que les autorités communiquent efficacement sur la maladie car la désinformation tue aussi
  • La pandémie n’étant pas encore finie, que l’autorité urbaine affecte l’argent des amendes perçues pour renforcer les points de lavage des mains dans les coins chauds de la ville
  • Que la police ne soit pas seulement répressive mais aussi préventive.
  • Que CPN intensifie ces genres d’activités au profit des agents de l’ordre et de la population et les ouvrir au plus grand public
  • Que CPN facilite le dialogue entre étudiants et policiers, car depuis un certain moment les étudiants ont une haine viscérale contre la police du fait du meurtre de deux étudiants par balle réelles lors des manifestations en l’espace de deux mois seulement
  • La police recommande à CPN de multiplier des formations en droits humains et libertés publiques aux jeunes des mouvements citoyens qui se croient tout permis.

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